Crise du logement : un Québécois sur cinq serait prêt à ouvrir sa porte

02.07.2026

MONTRÉAL, 02 juill. 2026 (GLOBE NEWSWIRE) -- Alors que la crise du logement et l’augmentation de l’itinérance affectent un nombre croissant de personnes au Québec, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) explore le potentiel de la solidarité citoyenne comme levier pour renforcer les réponses à cette crise.

Les résultats d’un récent sondage Léger réalisé pour l’ASPQ révèlent que plus d’une personne sur cinq (22 %) envisagerait d’héberger temporairement une personne risquant de perdre son logement si un organisme lui offrait du soutien.

« Il existe au Québec un potentiel de solidarité significatif qui demande à être soutenu et structuré. En attendant que de nouveaux logements sortent de terre, il faut aussi regarder comment mieux mobiliser la capacité d’entraide déjà présente dans nos communautés », souligne Kim Brière-Charest, directrice des inégalités sociales à l’ASPQ.

Soutenir la solidarité citoyenne

Ces résultats montrent qu’il existe au Québec un important désir d’aider, qui pourrait être mieux soutenu et organisé. Ils ouvrent la réflexion sur la façon dont des initiatives d’hébergement citoyen encadré pourraient compléter les ressources existantes et aider à prévenir certaines situations d’itinérance. Par ailleurs, 62 % des 1 050 personnes interrogées indiquent disposer d’espace pour accueillir au moins une personne supplémentaire dans leur logement.

La crise du logement et la rareté des logements locatifs exercent une pression croissante sur les ménages québécois : à quelques jours du 1er juillet, plus de 3 100 ménages étaient toujours à la recherche d’un logement au Québec. Entre les réponses d’urgence et les nouveaux logements qui seront construits, les solutions intermédiaires sont saturées pour répondre aux besoins temporaires, mais critiques, des personnes qui risquent de perdre leur logement. Cette réalité contribue à cette crise, alors que les résultats préliminaires du dénombrement de 2025 ont recensé plus de 12 000 personnes en situation d’itinérance visible au Québec, une hausse de 20 % depuis 2022.

Entre les réponses d’urgence et les nouvelles constructions

L’ASPQ souhaiterait structurer une approche d’hébergement citoyen, complémentaire aux ressources existantes. Cette initiative ne remplace ni les refuges ni les services spécialisés : elle s’ajoute parmi les solutions visant à prévenir en amont le basculement vers l’itinérance.

En s’inspirant notamment des mécanismes de parrainage développés auprès des personnes réfugiées et au sein des familles d’accueil au Québec, de telles initiatives ouvrent la porte à documenter les conditions nécessaires à un éventuel déploiement à plus grande échelle avec des organismes communautaires locaux.

« La solidarité ne remplacera jamais les investissements en logement, mais elle peut contribuer à combler l’espace entre l’urgence et les solutions durables », conclut Thomas Bastien, directeur général de l’ASPQ.

À propos de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité. Elle soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La santé durable s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention. www.aspq.org.

Contact
Véra Ferret, Directrice des communications et responsable des relations publiques
Association pour la santé publique du Québec
Cellulaire : 450-626-8879 — Courriel : vferret@aspq.org


L’ultradroite la plus radicale face aux juges: retour sur un procès hors norme

05.07.2026

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné six hommes, issus de la mouvance d’ultradroite pronazie, à des peines allant jusqu’à sept ans de prison pour un vaste trafic d’armes. Cinq d’entre eux, âgés de 22 à 25 ans, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste, au terme d’un procès ouvert le 23 juin et clos vendredi 3 juillet après huit jours d’audience. Les juges ont retenu l’existence d’un réseau structuré gravitant autour de l’extrême droite la plus radicale, où la circulation d’armes côtoyait des projets de violences ciblées.

Selon l’enquête, ce noyau de sympathisants néonazis nourrissait des projets violents visant des juifs, des musulmans, la communauté LGBTQ+ ainsi que des militants de gauche. Parmi les cinq jeunes condamnés figurent deux anciens militaires, dont l’un a été décrit à l’audience comme le pivot du trafic. Cet ex-soldat, élevé dans un environnement marqué par l’antisémitisme et un traditionalisme catholique, a lui aussi écopé de sept ans de prison, mais sans période de sûreté, la procureure estimant qu’il avait en partie « évolué ».

La peine la plus lourde, sept ans de prison assortis d’une période de sûreté aux deux tiers et d’un suivi sociojudiciaire de six ans, a visé le plus jeune des prévenus. Né d’une mère japonaise et d’un père marocain, il a réaffirmé à l’audience son rejet du métissage, tout en expliquant avoir « délaissé certaines thèses » d’ultradroite mais en avoir « gardé d’autres ». Son attitude jugée particulièrement rigide a pesé dans la décision. Son avocate, Dominique Petit, a annoncé son intention de faire appel, ouvrant la voie à un possible second round judiciaire.

Le sixième homme, un policier retraité de 61 ans, a pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour trafic d’armes, dont 25 mois assortis d’un sursis probatoire sur trois ans. Les magistrats ont souligné que l’enquête n’avait pas établi qu’il avait conscience d’alimenter des projets d’attentats. La partie ferme de sa peine sera purgée sous bracelet électronique. Ces condamnations, qui frappent un groupe mêlant civils, ex-militaires et ancien policier, illustrent la vigilance accrue de la justice française face aux dérives violentes de l’ultradroite radicale et à la circulation d’armes en marge des institutions.