Umweltallianz warnt vor Tausenden toten Fischen in der Tideelbe – Kritik an Elbvertiefung wächst

10.06.2026


In der Hamburger Elbe hat sich das alljährliche Sauerstoffloch in diesem Jahr deutlich früher und mit besonders niedrigen Werten ausgebildet. Nach Angaben des Bündnisses „Lebendige Tideelbe“ ist die Sauerstoffkonzentration im Bereich des Hamburger Hafens bereits Anfang Juni an mehreren Messstationen unter die kritische Marke von vier Milligramm pro Liter gefallen. An der Station Seemannshöft bei Finkenwerder wurden zeitweise weniger als zwei Milligramm pro Liter gemessen – ein Bereich, den Umweltverbände als akut tödlich für viele Fischarten einstufen. An derselben Station wurde zuletzt sogar ein Wert von 1,4 Milligramm pro Liter registriert.

Auch an der Messstation Blankenese zeigte sich ein ähnliches Bild: Dort sank der Sauerstoffgehalt zeitweise ebenfalls auf unter zwei Milligramm pro Liter. Im Vorjahr waren vergleichbare Werte erst rund zwei Wochen später aufgetreten. Das Bündnis aus BUND, Nabu und WWF warnt, der Hamburger Hafen werde damit Jahr für Jahr zu einer „Todeszone“ für Wasserorganismen. Nach Einschätzung der Verbände verenden bei solchen Bedingungen Tausende Fische unbemerkt unter der trüben Wasseroberfläche; betroffen seien sowohl Jungfische als auch ausgewachsene Tiere.

Besonders kritisch ist die Lage für Fischlarven und Jungfische, die den belasteten Abschnitten nicht ausweichen können. Nach Angaben der Umweltorganisationen gilt alles unter vier Milligramm Sauerstoff pro Liter als gefährlich, Werte unter zwei Milligramm lassen den Tieren kaum Überlebenschancen. Als besonders gefährdet nennen die Verbände den Stint, eine Leitart der Tideelbe, aber auch Wanderfische geraten unter Druck, weil niedrige Sauerstoffgehalte ihre Wanderbewegungen und Fortpflanzung beeinträchtigen. Erste Totfunde – darunter zwei Störe, einige Brassen und zahlreiche vom Aussterben bedrohte Blankaale – meldete bereits der Anglerverband Hamburg.

Die Hamburger Umweltbehörde bestätigt die kritischen Messwerte in den Bereichen Blankenese, Seemannshöft und Bunthaus und hält lokale Fischsterben, insbesondere bei Jungfischen und Larven, für sehr wahrscheinlich. Als Ursachen werden mehrere Faktoren genannt, darunter hohe Wassertemperaturen, Nährstoffeinträge, Algenwachstum und geringe Oberwassermengen. Das Bündnis „Lebendige Tideelbe“ sieht zusätzlich den Ausbau der Fahrrinne und die jüngsten Maßnahmen zur Elbvertiefung als zentrale Treiber des jährlichen Sauerstofftiefs. Gemeinsam mit BUND und WWF fordert der Nabu, Flachwasserzonen zu schaffen und die letzten Baggerarbeiten zur Vertiefung zurückzunehmen. Die zusätzliche Tiefe der Fahrrinne werde kaum genutzt, argumentieren die Verbände – die ökologische Belastung der Tideelbe sei dagegen jedes Jahr deutlich sichtbar.

Jusqu’à –62 % de croissance pour les jeunes huîtres : la filière face au risque climatique

05.07.2026


Des côtes normandes à la Méditerranée, les scientifiques décrivent une même dynamique : la multiplication et l’intensification des canicules marines désorganisent les écosystèmes et fragilisent des pans entiers de l’économie littorale. Jeudi, des chercheurs de l’Ifremer ont évoqué une « hécatombe invisible » sous l’eau, évoquant à la fois l’effondrement des populations de bulots en Manche, les difficultés croissantes de la filière ostréicole et la mortalité de nombreuses espèces en Méditerranée.

En Normandie, la baie de Granville (Manche) illustre ce basculement. L’eau de la Manche y a gagné localement 1,5 °C en quarante ans, un réchauffement que les bulots supportent mal. Longtemps deuxième espèce pêchée dans la région, avec près d’une centaine de bateaux et des captures de l’ordre de 10.000 tonnes par an pendant plus de vingt ans, la ressource s’est effondrée. Entre les années 2000 et 2017, ces volumes dépassaient encore 10.000 tonnes annuelles ; en 2025, les débarquements ont chuté de 80 %, à seulement 1.900 tonnes. Avec les canicules marines de cette année, les chercheurs s’attendent à de « très forts impacts » supplémentaires sur la pêcherie.

La filière ostréicole, qui représente « à peu près 10.000 à 20.000 emplois en France », selon Franck Lagarde, coordinateur du réseau d’observations des huîtres creuses Ecoscopa, est elle aussi sous tension. Décrivant la canicule marine de mai comme « la plus impactante qu’on ait jamais enregistrée depuis 1960 », il souligne qu’il est encore trop tôt pour en mesurer tous les effets. Mais dans l’Atlantique et la Manche, les vagues de chaleur se sont déjà traduites depuis cinq ans par une baisse des taux de croissance des naissains – les jeunes huîtres – de 14 % à 62 %. « La violence de ce qu’on vient de vivre nous a surpris », reconnaît-il, disant voir des signaux préoccupants pour l’ensemble de la filière.

Plus au sud, en Méditerranée, la hausse des températures se manifeste par des épisodes de mortalité massifs. L’océanographe et écologue Nathaniel Bensoussan redoute une « hécatombe invisible sous l’eau » et compare la situation à « un feu de forêt ». Lors d’une plongée en 2022, après un été déjà marqué par des canicules marines, il décrit l’impression de descendre dans un « cimetière marin », équivalent sous-marin d’une forêt brûlée, avec des mortalités récurrentes touchant plus d’une cinquantaine d’espèces entre la surface et 50 mètres de profondeur. Mer semi-fermée, la Méditerranée a connu depuis le début de l’année des vagues de chaleur sur 98 % de sa surface, avec un record de température en juin à 24,34 °C, selon le service européen Copernicus Marine. Dans ce contexte, la raréfaction des grandes algues et la mortalité de gorgones rouges, ces coraux mous qui abritent une riche biodiversité, accentuent la pression sur des écosystèmes déjà fragilisés.