RN sous pression judiciaire, Mélenchon se projette déjà au second tour

05.07.2026


À l’approche de la prochaine présidentielle, Jean-Luc Mélenchon hausse le ton face au Rassemblement national. Invité de l’émission « Dimanche en politique » sur France 3, le leader de La France insoumise s’est déclaré convaincu de pouvoir « éliminer » le candidat du RN, « peut-être » dès le premier tour, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella. Il a rappelé le précédent scrutin de 2022, lorsqu’un écart d’environ 420.000 voix l’avait empêché d’accéder au second tour face à Emmanuel Macron à la place de la cheffe du RN, donnée alors largement favorite dans les sondages.

Cinq ans plus tard, Jean-Luc Mélenchon estime que la dynamique pourrait cette fois lui être favorable. S’il ne parvenait pas à devancer le RN dès le premier tour, il affirme ne nourrir « pas le moindre doute » sur sa capacité à l’emporter au second. Selon lui, la société française n’est « pas un pays raciste », ni « suprémaciste », ni « islamophobe », un argument qu’il place au cœur de son discours face au parti à la flamme. Sans trancher entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, il a assuré que la question de son adversaire n’était « pas une affaire de goût personnel ».

Cette démonstration de confiance intervient alors que le RN traverse une phase d’incertitude stratégique. La cour d’appel de Paris doit rendre, dans les prochains jours, sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés FN/RN, un dossier de détournement de fonds publics évalué à 4,3 millions d’euros par le tribunal correctionnel. En première instance, Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Le verdict d’appel doit notamment éclaircir qui, de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, sera en mesure de porter les couleurs du parti à la prochaine présidentielle en cas de confirmation d’une inéligibilité de plus de deux ans.

Dans cette séquence où le RN tente d’afficher son unité et où l’issue judiciaire pourrait rebattre les cartes à droite, Jean-Luc Mélenchon se pose en principal rival du parti d’extrême droite et revendique un ancrage fort auprès de l’électorat jeune. « C’est moi qui suis le mieux placé, paraît-il, dans la jeunesse. Et ce n’est pas à cause de mon âge », a lancé le dirigeant de 74 ans, affirmant ne pas chercher à être « le copain » des jeunes, mais à se présenter comme prétendant à la présidence du pays. Tandis que le RN scrute le verdict de la cour d’appel pour clarifier son casting, le chef de file insoumis mise sur un scénario où son camp disputerait l’Élysée sans le Rassemblement national au second tour.

Compte à rebours pour Duralex, en quête d’un repreneur industriel

05.07.2026


Le compte à rebours est lancé pour Duralex. Placée en redressement judiciaire le 1er juin, la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) est désormais engagée dans un plan de cession validé par le tribunal de commerce d’Orléans début juillet. Les candidats à la reprise ont jusqu’au 6 août pour déposer un dossier complet, avant une audience clé fixée au 17 septembre qui doit examiner les offres et tracer les lignes du futur de l’entreprise et de ses 243 salariés.

Fondée en 1945 et connue pour ses verres de cantine réputés incassables, Duralex affronte son cinquième redressement judiciaire en un peu plus de vingt ans. Deux ans après avoir été reprise en Scop par ses propres salariés, l’usine n’a pas réussi à surmonter ses difficultés financières. Le tribunal a accordé une période d’observation de six mois avec poursuite d’activité, mais le sort du site et de son savoir-faire industriel dépend désormais de l’issue du plan de cession.

Selon le syndicat Force ouvrière, une quarantaine de marques d’intérêt ont été recensées, sans qu’aucune ne se soit pour l’instant concrétisée en offre formalisée. À l’audience, aucun nom de repreneur potentiel n’a été évoqué. Les syndicats insistent sur la nécessité d’un « projet industriel sérieux » porté par un repreneur « compétent » capable de maintenir l’activité sur le site. Des élus locaux alertent sur le risque de voir émerger des candidats intéressés par la seule marque Duralex, sans engagement sur la production et l’outil industriel.

Dans l’usine, l’activité a été ajustée pour préserver la trésorerie. La production, mise en pause le 12 juin afin de réduire les charges et de concentrer les équipes sur l’emballage et la préparation des commandes, a redémarré avec la relance d’une ligne de fabrication. À l’extérieur, une quarantaine de militants, à l’appel de la CGT, se sont rassemblés devant le tribunal d’Orléans lors de la dernière audience pour afficher leur soutien à la verrerie et rappeler l’enjeu social et industriel de ce nouveau tournant pour Duralex.