
À la veille d’un nouveau débat parlementaire sur l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre, la contestation a pris une dimension politique accrue. Une pétition appelant les députés à rejeter une proposition de loi portée par Les Républicains a franchi le seuil des 100 000 signatures, ce qui entraîne sa publication sur le site de l’Assemblée nationale. Sans suspendre l’examen du texte, ce cap donne une visibilité institutionnelle supplémentaire au mouvement, au moment où l’hémicycle s’apprête à se saisir de ce sujet sensible.
Enjeu central du texte : le régime juridique encadrant les tirs de policiers et de gendarmes. Dans sa version actuelle, la proposition prévoit que, lorsque les forces de l’ordre font usage de leurs armes, elles sont présumées avoir agi dans le cadre de la loi. Cette présomption pourrait toutefois être renversée par tout élément de preuve contraire. Le projet initial allait plus loin, en inscrivant explicitement une présomption de légitime défense, avant qu’un amendement gouvernemental ne revoie la rédaction pour tenter de rallier un soutien plus large dans la majorité.
Les opposants décrivent la démarche comme une rupture majeure avec les principes existants. La pétition évoque une « atteinte historique » ou « grave » à l’État de droit, à certains engagements européens de la France et au principe d’égalité devant la loi. Plusieurs signataires dénoncent un texte assimilable, selon eux, à un « permis de tuer », dans la mesure où chaque tir serait, par construction, réputé légal jusqu’à preuve du contraire, allégeant ainsi, à leurs yeux, l’obligation de justification immédiate des agents impliqués. Ils redoutent une augmentation des personnes tuées par les forces de l’ordre si la réforme est adoptée.
Les critiques s’inscrivent dans la continuité des débats ouverts par l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure, adopté en 2017, qui avait déjà élargi les conditions d’usage des armes. Selon la pétition, cette réforme antérieure aurait été suivie d’une hausse des tirs mortels sur des personnes à bord de véhicules, phénomène que des organisations de défense des droits humains ont également souligné. Tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a insisté, lors des précédents échanges en janvier, sur le fait qu’il ne s’agirait pas d’une immunité mais d’un ajustement destiné à « lever » certaines incertitudes juridiques pour les agents, la nouvelle phase parlementaire s’ouvre sur une ligne de fracture intacte entre partisans d’un renforcement de la protection des forces de l’ordre et défenseurs d’un encadrement strict de l’usage létal de la force.

Le compte à rebours est lancé pour Duralex. Placée en redressement judiciaire le 1er juin, la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) est désormais engagée dans un plan de cession validé par le tribunal de commerce d’Orléans début juillet. Les candidats à la reprise ont jusqu’au 6 août pour déposer un dossier complet, avant une audience clé fixée au 17 septembre qui doit examiner les offres et tracer les lignes du futur de l’entreprise et de ses 243 salariés.
Fondée en 1945 et connue pour ses verres de cantine réputés incassables, Duralex affronte son cinquième redressement judiciaire en un peu plus de vingt ans. Deux ans après avoir été reprise en Scop par ses propres salariés, l’usine n’a pas réussi à surmonter ses difficultés financières. Le tribunal a accordé une période d’observation de six mois avec poursuite d’activité, mais le sort du site et de son savoir-faire industriel dépend désormais de l’issue du plan de cession.
Selon le syndicat Force ouvrière, une quarantaine de marques d’intérêt ont été recensées, sans qu’aucune ne se soit pour l’instant concrétisée en offre formalisée. À l’audience, aucun nom de repreneur potentiel n’a été évoqué. Les syndicats insistent sur la nécessité d’un « projet industriel sérieux » porté par un repreneur « compétent » capable de maintenir l’activité sur le site. Des élus locaux alertent sur le risque de voir émerger des candidats intéressés par la seule marque Duralex, sans engagement sur la production et l’outil industriel.
Dans l’usine, l’activité a été ajustée pour préserver la trésorerie. La production, mise en pause le 12 juin afin de réduire les charges et de concentrer les équipes sur l’emballage et la préparation des commandes, a redémarré avec la relance d’une ligne de fabrication. À l’extérieur, une quarantaine de militants, à l’appel de la CGT, se sont rassemblés devant le tribunal d’Orléans lors de la dernière audience pour afficher leur soutien à la verrerie et rappeler l’enjeu social et industriel de ce nouveau tournant pour Duralex.