
La Métropole de Lyon va rouvrir le centre-ville au transit automobile en journée, un an après la mise en place d’une interdiction généralisée dans une large partie de la presqu’île. La présidente LR de la collectivité, Véronique Sarselli, a annoncé l’assouplissement de la zone à trafic limité (ZTL) instaurée en juin 2025 sur 55 hectares et une quinzaine de rues. La mesure, prise contre l’avis de la majorité municipale écologiste, marque un tournant dans la politique de mobilité du cœur de l’agglomération.
Jusqu’ici active en continu, la ZTL sera désormais restreinte aux nuits et aux week-ends au cours de l’été. Selon le nouveau calendrier, le dispositif s’appliquera du lundi au jeudi de 19h00 à 5h00, puis du vendredi à 15h00 jusqu’au lundi à 5h00, y compris les jours fériés. Véronique Sarselli défend une approche plus graduée, estimant qu’« une politique de mobilité doit être écologique, mais elle doit aussi être lisible, juste et acceptable », selon le communiqué publié à l’occasion de ses 100 premiers jours à la tête de la Métropole, qu’elle a reprise aux écologistes lors du dernier scrutin.
La collectivité justifie ce changement par les effets observés depuis un an. La Métropole relève que la ZTL « impacte » le travail des professionnels, qui représentent 85 % des ayants droit, et met en avant une baisse de 20 % de la fréquentation des parkings privés souterrains de la presqu’île depuis la mise en place du dispositif. Elle anticipe également une « économie de fonctionnement » liée à la diminution des demandes d’autorisation et des sollicitations, estimée entre 500.000 et un million d’euros par an.
Les effets positifs ne sont toutefois pas niés par l’exécutif métropolitain. La Métropole note que « les habitants saluent le retour du calme, notamment la nuit, après des années marquées par les rodéos urbains », et fait état d’une hausse de la fréquentation piétonne le samedi dans le périmètre concerné. C’est précisément cet équilibre entre apaisement du trafic, vitalité commerciale et accessibilité qui se retrouve au cœur du bras de fer politique local.
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, s’est montré particulièrement critique à l’égard de ce revirement, jugeant qu’« il n’y a rien qui va dans cette décision ». Opposé à la réouverture diurne au transit automobile, il a proposé à la présidente LR d’organiser un référendum local sur l’avenir de la piétonnisation de la presqu’île, afin de trancher la question par la consultation directe des habitants. La séquence illustre les divergences persistantes entre la mairie écologiste et la Métropole désormais dirigée par la droite sur la trajectoire de transformation du centre de Lyon.

L’Opéra de Paris se prépare à l’une des plus longues interruptions de l’histoire du Palais Garnier. La scène de l’édifice inauguré il y a 151 ans sera fermée de 2027 à 2032, soit cinq ans au lieu des deux initialement annoncés, en raison d’un allongement du calendrier des travaux de modernisation lié à la présence de plomb dans la cage de scène. La décision, dévoilée aux quelque 1.500 salariés puis confirmée à l’AFP par le directeur général Alexander Neef, marque un tournant pour une institution dont le vieillissement des bâtiments a été souligné par un rapport de la Cour des comptes.
Au départ, l’Opéra prévoyait un schéma alterné : deux ans de fermeture pour le Palais Garnier entre l’été 2027 et l’été 2029, puis deux ans pour l’Opéra Bastille entre mi‑2030 et mi‑2032. Le nouveau calendrier bouleverse cette organisation. Le chantier du Palais Garnier est désormais étalé sur cinq ans afin de permettre le retrait intégral du plomb dans les dessous et les dessus de scène, sous l’effet d’un renforcement de la réglementation et des exigences des organismes de prévention et de contrôle. En conséquence, les travaux de rénovation des équipements scéniques de Bastille, un temps envisagés à partir de 2030, ne démarreront qu’en 2033, pour une durée de deux ans.
L’objectif reste inchangé : moderniser en profondeur les cages de scène des deux sites, tant sur le plan scénique (machinerie) que sur celui du bâtiment (réseaux, traitement d’air, électricité). Comme dans de nombreux monuments historiques, la présence de plomb au Palais Garnier était connue et faisait déjà l’objet d’un suivi régulier, précise Alexander Neef. Le traitement de ce plomb figurait dans le projet initial, mais la nécessité désormais de le retirer intégralement dans la cage de scène prolonge considérablement l’opération et impose une première phase de chantier centrée sur ce retrait, avec son lot de nuisances, notamment bruits et vibrations.
Pour la direction, cette révision à la hausse du calendrier est assumée. « C’est un choix que nous assumons, un choix de responsabilité, un choix fait pour la pérennité de l’outil de travail », insiste Alexander Neef, qui affirme vouloir éviter d’ouvrir un nouveau chantier dans quelques années. Pendant que le Palais Garnier sera indisponible, l’Opéra de Paris maintiendra ses spectacles lyriques et chorégraphiques à l’Opéra Bastille, resté ouvert, et prévoit une programmation hors les murs dans d’autres salles de la capitale, comme le Théâtre des Champs‑Élysées, le Théâtre du Châtelet, le Théâtre de Chaillot ou le Théâtre de la Ville. La maison lyrique entre ainsi dans une longue période de transition, contrainte par des enjeux sanitaires et techniques, mais présentée comme un investissement pour la durée.