
La canicule se transforme en bras de fer politique à l’Assemblée nationale. Le groupe écologiste a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, qu’il accuse d’avoir mal géré l’épisode de chaleur extrême. Cyrielle Châtelain, présidente du groupe écologiste, a confirmé mardi 30 juin l’initiative, emboîtant le pas à la députée Sandrine Rousseau, qui appelait déjà à sanctionner « un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu ».
La démarche intervient alors que le bilan humain définitif de la canicule reste encore incertain. Pour les élus écologistes, la séquence met en lumière l’« absence de politique d’adaptation » de l’exécutif face aux vagues de chaleur, désormais récurrentes. Sur Sud Radio, Sandrine Rousseau a estimé qu’« un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester », assumant la volonté de « poser un rapport de force » avec l’équipe au pouvoir.
En parallèle de la motion de censure, les écologistes veulent ouvrir un front plus structurel sur la réponse de l’État au dérèglement climatique. Léa Balage El Mariky, porte-parole du groupe Écologiste et Social, a annoncé le dépôt d’une demande de commission d’enquête parlementaire portant sur les choix de l’exécutif en matière d’adaptation à la canicule. Elle interroge notamment la capacité des administrations à protéger les personnes vulnérables et le niveau des moyens consacrés à la prévention.
Selon Léa Balage El Mariky, la commission d’enquête reste la priorité immédiate du groupe. « Nous n’en sommes pas (à voter la censure du gouvernement), ce que nous souhaitons c’est d’abord une commission d’enquête », a-t-elle déclaré, tout en jugeant la censure « légitime » à ce stade du débat. Une résolution devra être inscrite à l’ordre du jour et adoptée pour qu’une commission voie le jour. Si la voie de la censure est pleinement engagée, les écologistes auront besoin de partenaires pour réunir les 58 signatures requises, ouvrant la porte à d’éventuelles recompositions ponctuelles au sein de l’Assemblée autour de la question climatique.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné six hommes, issus de la mouvance d’ultradroite pronazie, à des peines allant jusqu’à sept ans de prison pour un vaste trafic d’armes. Cinq d’entre eux, âgés de 22 à 25 ans, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste, au terme d’un procès ouvert le 23 juin et clos vendredi 3 juillet après huit jours d’audience. Les juges ont retenu l’existence d’un réseau structuré gravitant autour de l’extrême droite la plus radicale, où la circulation d’armes côtoyait des projets de violences ciblées.
Selon l’enquête, ce noyau de sympathisants néonazis nourrissait des projets violents visant des juifs, des musulmans, la communauté LGBTQ+ ainsi que des militants de gauche. Parmi les cinq jeunes condamnés figurent deux anciens militaires, dont l’un a été décrit à l’audience comme le pivot du trafic. Cet ex-soldat, élevé dans un environnement marqué par l’antisémitisme et un traditionalisme catholique, a lui aussi écopé de sept ans de prison, mais sans période de sûreté, la procureure estimant qu’il avait en partie « évolué ».
La peine la plus lourde, sept ans de prison assortis d’une période de sûreté aux deux tiers et d’un suivi sociojudiciaire de six ans, a visé le plus jeune des prévenus. Né d’une mère japonaise et d’un père marocain, il a réaffirmé à l’audience son rejet du métissage, tout en expliquant avoir « délaissé certaines thèses » d’ultradroite mais en avoir « gardé d’autres ». Son attitude jugée particulièrement rigide a pesé dans la décision. Son avocate, Dominique Petit, a annoncé son intention de faire appel, ouvrant la voie à un possible second round judiciaire.
Le sixième homme, un policier retraité de 61 ans, a pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour trafic d’armes, dont 25 mois assortis d’un sursis probatoire sur trois ans. Les magistrats ont souligné que l’enquête n’avait pas établi qu’il avait conscience d’alimenter des projets d’attentats. La partie ferme de sa peine sera purgée sous bracelet électronique. Ces condamnations, qui frappent un groupe mêlant civils, ex-militaires et ancien policier, illustrent la vigilance accrue de la justice française face aux dérives violentes de l’ultradroite radicale et à la circulation d’armes en marge des institutions.