La canicule se transforme en bras de fer politique à l’Assemblée nationale. Le groupe écologiste a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, qu’il accuse d’avoir mal géré l’épisode de chaleur extrême. Cyrielle Châtelain, présidente du groupe écologiste, a confirmé mardi 30 juin l’initiative, emboîtant le pas à la députée Sandrine Rousseau, qui appelait déjà à sanctionner « un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu ».
La démarche intervient alors que le bilan humain définitif de la canicule reste encore incertain. Pour les élus écologistes, la séquence met en lumière l’« absence de politique d’adaptation » de l’exécutif face aux vagues de chaleur, désormais récurrentes. Sur Sud Radio, Sandrine Rousseau a estimé qu’« un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester », assumant la volonté de « poser un rapport de force » avec l’équipe au pouvoir.
En parallèle de la motion de censure, les écologistes veulent ouvrir un front plus structurel sur la réponse de l’État au dérèglement climatique. Léa Balage El Mariky, porte-parole du groupe Écologiste et Social, a annoncé le dépôt d’une demande de commission d’enquête parlementaire portant sur les choix de l’exécutif en matière d’adaptation à la canicule. Elle interroge notamment la capacité des administrations à protéger les personnes vulnérables et le niveau des moyens consacrés à la prévention.
Selon Léa Balage El Mariky, la commission d’enquête reste la priorité immédiate du groupe. « Nous n’en sommes pas (à voter la censure du gouvernement), ce que nous souhaitons c’est d’abord une commission d’enquête », a-t-elle déclaré, tout en jugeant la censure « légitime » à ce stade du débat. Une résolution devra être inscrite à l’ordre du jour et adoptée pour qu’une commission voie le jour. Si la voie de la censure est pleinement engagée, les écologistes auront besoin de partenaires pour réunir les 58 signatures requises, ouvrant la porte à d’éventuelles recompositions ponctuelles au sein de l’Assemblée autour de la question climatique.

À la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, plusieurs organisations professionnelles du spectacle vivant ont adressé un courrier d’alerte à Emmanuel Macron. Elles disent avoir été informées de l’« annulation drastique » de crédits budgétaires alloués au service public de la culture, une perspective qui ferait peser un « risque sans précédent » sur 28 structures phares, selon la lettre également envoyée à la ministre de la Culture Catherine Pégard et au Premier ministre Sébastien Lecornu.
Signé notamment par la Réunion des opéras de France et par des associations de centres nationaux de danse et de théâtre, le courrier décrit un choc brutal pour les établissements les plus exposés. Ces 28 structures « risquent de ne pas pouvoir ouvrir leur saison avant janvier 2027 », au lieu de septembre, préviennent leurs dirigeants. Au-delà du décalage de calendrier, ils estiment que les opéras, orchestres, centres dramatiques nationaux, scènes nationales et autres établissements concernés « verraient leur activité brutalement interrompue » et « devront fermer au public en septembre 2027 » si les coupes se confirmaient.
Parmi les institutions citées figurent l’Opéra et l’Orchestre national de Lyon, le Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, le Théâtre du Rond-Point à Paris, l’Orchestre national de Lille ou encore l’Opéra national de Bordeaux. Dans un communiqué séparé, les 28 signataires insistent sur l’ampleur de l’impact économique : « C’est toute une économie, tout un écosystème et une mission de service public qui seraient déstabilisés », écrivent-ils, en référence à la chaîne d’emplois et de prestataires gravitant autour du spectacle vivant.
Face à cette mobilisation, la ministre de la Culture a affirmé « se battre » pour que l’ensemble des crédits prévus pour 2026 puissent être engagés, indiquant concentrer notamment ses efforts auprès de Bercy. Les structures concernées réclament de leur côté une confirmation immédiate du maintien intégral des crédits 2026 et le versement sans délai des financements attendus, alors que la tension budgétaire intervient en amont d’une saison culturelle où la visibilité financière apparaît plus que jamais déterminante.