Bernard Arnault va saisir le Conseil d’État après un redressement fiscal massif

05.07.2026


La première fortune de France est de nouveau rattrapée par le fisc. Bernard Arnault, patron du géant mondial du luxe LVMH, s’est vu infliger un redressement fiscal d’environ 22,5 millions d’euros par la Cour administrative d’appel de Paris, selon un arrêt daté du 2 juillet. La décision vise à remettre à la charge de Bernard Arnault et de son épouse plusieurs millions d’euros d’impôts et de contributions, après des années de bataille contentieuse autour de la structure capitalistique du groupe.

Dans le détail, le couple Arnault doit s’acquitter de 12,96 millions d’euros de « cotisations supplémentaires » au titre de l’impôt sur le revenu et des contributions sociales pour l’année 2010, assorties de majorations et d’intérêts de retard. S’y ajoutent 9,5 millions d’euros au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune pour les années 2012 à 2015, montants qui sont « remis à la charge » du couple, selon la décision consultée. Ce jugement en appel infirme le verdict de première instance qui avait, en décembre 2020, accordé au couple Arnault la décharge de ces impositions et la restitution de l’ISF sur la période concernée.

Au cœur du dossier, figure « l’actionnariat complexe » de LVMH, selon le média en ligne l’Informé, à l’origine de la révélation de la décision administrative. La famille Arnault ne détient pas directement des actions du groupe de luxe, mais via une cascade de holdings familiales, désormais pointées du doigt par l’administration fiscale. Ce montage de sociétés, utilisé pour détenir et organiser le contrôle du numéro un mondial du luxe, a servi de base aux redressements opérés par Bercy et contestés par les contribuables concernés.

La procédure s’inscrit dans une saga judiciaire à tiroirs. Après la décision favorable du tribunal administratif de Paris en 2020, le ministre de l’Économie de l’époque, Bruno Le Maire, est intervenu pour demander à la Cour administrative d’appel d’annuler ce jugement, en mars 2021 puis en novembre 2023. La Cour avait dans un premier temps rejeté la demande ministérielle, avant que le Conseil d’État n’annule cette décision et ne renvoie l’affaire devant la cour d’appel. Cette dernière a finalement durci sa position en confirmant le redressement. Un porte-parole de Bernard Arnault a déjà annoncé qu’un nouveau recours serait formé devant le Conseil d’État, prolongeant un peu plus une confrontation suivie de près dans le monde économique et politique.

Coupes annoncées dans la culture : 28 scènes nationales sonnent l’alarme auprès de l’Élysée

05.07.2026


À la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, plusieurs organisations professionnelles du spectacle vivant ont adressé un courrier d’alerte à Emmanuel Macron. Elles disent avoir été informées de l’« annulation drastique » de crédits budgétaires alloués au service public de la culture, une perspective qui ferait peser un « risque sans précédent » sur 28 structures phares, selon la lettre également envoyée à la ministre de la Culture Catherine Pégard et au Premier ministre Sébastien Lecornu.

Signé notamment par la Réunion des opéras de France et par des associations de centres nationaux de danse et de théâtre, le courrier décrit un choc brutal pour les établissements les plus exposés. Ces 28 structures « risquent de ne pas pouvoir ouvrir leur saison avant janvier 2027 », au lieu de septembre, préviennent leurs dirigeants. Au-delà du décalage de calendrier, ils estiment que les opéras, orchestres, centres dramatiques nationaux, scènes nationales et autres établissements concernés « verraient leur activité brutalement interrompue » et « devront fermer au public en septembre 2027 » si les coupes se confirmaient.

Parmi les institutions citées figurent l’Opéra et l’Orchestre national de Lyon, le Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, le Théâtre du Rond-Point à Paris, l’Orchestre national de Lille ou encore l’Opéra national de Bordeaux. Dans un communiqué séparé, les 28 signataires insistent sur l’ampleur de l’impact économique : « C’est toute une économie, tout un écosystème et une mission de service public qui seraient déstabilisés », écrivent-ils, en référence à la chaîne d’emplois et de prestataires gravitant autour du spectacle vivant.

Face à cette mobilisation, la ministre de la Culture a affirmé « se battre » pour que l’ensemble des crédits prévus pour 2026 puissent être engagés, indiquant concentrer notamment ses efforts auprès de Bercy. Les structures concernées réclament de leur côté une confirmation immédiate du maintien intégral des crédits 2026 et le versement sans délai des financements attendus, alors que la tension budgétaire intervient en amont d’une saison culturelle où la visibilité financière apparaît plus que jamais déterminante.